DANS LE MIROIR DES RIZIERES.

Italie, 2016.

Ces photographies ont été réalisées grâce à la bourse du Prix « Résidence pour la Photographie » de la Fondation des Treilles.

 

Etre d'ailleurs. Vivre ici.

Entre la terre des origines, l'Italie, et ma terre normande natale, comment se sentir d'ici plutôt que d'ailleurs ?

Motivés tant par les besoins en main d'œuvre que nécessitaient les reconstructions des deux après-guerres que par la peur du fascisme, mes parents et grands-parents ont longtemps navigué entre l'Italie du Nord, la Lorraine et la Normandie. Revislate, Stresa, Saint Louis en Alsace, Ornans, Epinal, Rouen... Les noms s'égrènent, de génération en génération, et dessinent une carte de l'exil, du déracinement, de la solitude.

DANS LE MIROIR DES RIZIERES est le deuxième volet d’un travail de « re-visitation » de mon histoire familiale, intimement liée à celle de l'immigration italienne en France pendant l'entre-deux guerres. Il puise sa source dans une mémoire enfouie, celle de mes origines italiennes à la fois maternelles et paternelles, et traite de l'exil, de l'identité, de la perte des lieux où l'on est né, où l'on a vécu.

Quel sens cela a-t-il aujourd’hui, dans ce contexte mondial de migrations, de se dire de quelque part ?

Quelle histoire, quel imaginaire produire, transmettre quand tout vous manque ? 

Au coeur des rizières du Piémont italien, je revisite, à l'ombre de ma grand-mère maternelle,  la figure de la « mondina », ayant inspiré nombre d'artistes, cinéastes et musiciens. 

La « mondina » était une ouvrière saisonnière dont le travail consistait à repiquer des jeunes plants de riz et à émonder les mauvaises herbes. Une tâche éprouvante, exécutée par des femmes venant de toute l’Italie. Ces conditions de travail ont été à l’origine d’importants mouvements sociaux et ont inspiré nombre de chants populaires comme "Bella Ciao ", d'oeuvres littéraires ou cinématographiques, tel le film réalisé par Giuseppe De Santis, "Riz amer" ("Riso amaro", 1949), tourné avec l’actrice italienne Silvana Mangano. 

Aujourd’hui, la figure de la « mondina » est présente et populaire en Italie ; elle connaît même un renouveau de par le symbole fort de résistance qu’elle véhicule.

Dans les espaces de la Tenuta della Colombara - une antique et vaste propriété rizicole datant du XVè siècle, aujourd'hui à la pointe de la technologie dans les techniques de transformation du riz - j’ai laissé libre cours à mon imaginaire. De mon ensemble d’images trouvées, transformées, produites, j’ai construit mon propre album, ma propre histoire. Comme une invitation à repenser une mémoire familiale. 

Expositions :

 - Rencontres intern. de la Photo en Gaspésie (Canada), 15/07 - 30/09, 2019  

 - Galerie Thessa Herold, Dans le miroir des rizières. Du 26 octobre au 9 décembre 2017. Paris.

   - Galerie Thessa Herold, Dans le miroir des rizières. Solo Show Salon Paris-Photo, Grand-Palais, Paris. Du 9 au 12 novembre 2017.

Editions :

   - Dans le miroir des rizières. Catalogue d'exposition. Préface de Laura Serani. Texte de Sophie Zénon. Editions Thessa Herold, Paris, 2017.

IN THE MIRROR OF THE RICE FIELDS

Italy, 2016.

Those pictures have been realized thanks to the prize « Résidence pour la Photographie » from the Treilles Foundation (France)

Being elsewhere. Living here.

Between the land of my origins, Italy, and the Normand lands of my birth, how to feel that one is rather than elsewhere ?

Setting off from Northern Italy, my parents and grandparents long navigated between Italy, Switzerland and France, motivated as much by the demands of manpower created by the rebuilding of the two post-war periods as by fear of fascim. Revislate, Stresa, Basel, Saint-Louis in Alsace, Ornans, Epinal, Brest, Rouen... The names are ticked off, from generation to generation, and draw a map of exile, of uprooting, of solitude.

IN THE MIRROR OF THE RICE FIELDS is the second part of a “re-visiting” of my family history, one intimately linked to that of Italian immigration in France between World War I and World War II. It draws its source in a buried memory, that of my Italian origins, on both my mother’s and my father’s sides, and it addresses exile, identity, the loss of one’s birthplace, of one’s home.

How to make sense today, in this global context of migrations, when saying one comes from any particular place?

How to create, transmit a narrative, an imaginary world when lacking it all?

At the heart of the Italian Piedmont rice-fields, in my maternal grandmother’s shadow, I revisit the figure of the “mondina”, which inspired many artists, film-makers and musicians.

The “mondina” was a seasonal female rice-field worker whose task was to transplant the young seedlings and to keep the rice-fields well-weeded. It was an extenuating job, which was executed by women from all over Italy. These extremely harsh labor conditions sparked off important social protest movements and were to inspire a series of popular songs such as “Bella Ciao”, as well as Italian literary works or films, such as the film directed by Giuseppe  De Santis, “Riso Amaro”, (Bitter Rice) in 1949, starring Silvana Mangano. 

Currently, in Italy, the figure of the “mondina” remains present and popular; it has even experienced a revival given the strong symbol of resistance it represents.

Amidst the spaces of  the Tenuta della Columbara – a vast and ancient rice-producing property dating back to the XVth century, and today at the cutting edge of technology in rice-processing- I have given free rein to my imagination. From this set of found, transformed, created pictures I have built my own album, my own story. Like an invitation to revisit, to rethink a family memory.

 

Exhibitions :

   - Rencontres intern. de la Photo. en Gaspésie, 15 july - 30 September 2019

   - Gallery Thessa Herold, Dans le miroir des rizières.

From 26 october to 9 décember 2017. Paris.

   - Gallery Thessa Herold, Dans le miroir des rizières.

Solo Show Paris-Photo fair, Grand-Palais, Paris. From 9 to12 november 2017.

Publications :

   - Dans le miroir des rizières. Catalogue d'exposition. Texts from Laura Serani and Sophie Zénon. Thessa Herold publishing, Paris, 2017.

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