L'Homme-Paysage, 3,12 minutes, 2015.

Sophie Zénon évoque l'arrivée dans les Vosges de son père, enfant d'immigrés italiens, pendant l’entre-deux guerres. Des plaques de Plexiglas reproduisant le portrait de la carte d'identité de son père ont été disposées dans des forêts de la région de Bussang, familières à l'enfant. Elles ont ensuite filmée au téléphone portable en plans serrés sur le visage et mixées à des phtographies extraites de l'album familial. La vidéo faite in situ explore le mouvement du vent dans les arbres, les vibrations de l’eau sur le visage et suggère une géographie des corps qui, peu à peu, semblent reprendre vie. Comme dans un palimpseste, troncs, feuilles d’arbres, insectes, s’entremêlent aux lignes du visage, dans un jeu de transparences, de reflets, d’ombres et de lumières. Le corps devient un lieu de passage, un univers en interaction avec l'espace et l'environnement. 

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Frondaisons, 8,42 minutes, 2019.

Invitée en 2019 par le musée de la Résistance en Argoat (Côtes d'Armor, Bretagne), Sophie Zénon a arpenté le bois de Coat-Mallouen où, en juillet 1944, 250 jeunes ont constitué un maquis. Parmi les collections du musée, elle a choisi de porter son regard sur deux films du photographe guingampais Anselme Delattre et de son fils Guy âgé de 14 ans en 1944. Le premier documente le jour de la libération de Guingamp (7 août 1944). Le second, réalisé un an plus tard, est une fiction, une reconstitution du maquis de Coat-Mallouen (août 1945) organisée par le photographe lui-même. La vidéo "Frondaisons" a été réalisée à partir des rushes de ces deux films. Par des recadrages au plus près des visages, ralentis, solarisations, superpositions, intégration de ses images tournées en forêt, Sophie Zénon fouille au plus près de ce que l’image peut nous révéler.

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Pour vivre ici, 17,17 minutes, 2017.

Invitée en 2017 par l'Abri Mémoire d'Uffoltz (Haut-Rhin) à réaliser un travail de création sur le Hartmannswillerkopf (HWK), site vosgien de la première guerre mondiale, Sophie Zénon a arpenté la forêt de cet éperon rocheux et recueilli la parole de ceux "qui vivent ici".

Raoul Ermel, menuisier à Wattwiller - l'une des cinq communes du site -, témoigne de manière sensible de sa relation à la forêt. Ses commentaires nous disent son émerveillement, mais aussi les croyances populaires attachées au lieu. Ils alternent avec des extraits du journal de l’aspirant Henri Martin (« Le Vieil Armand. 1915 », Payot 1937) lus par Manuela Morgaine, artiste. Les images entrent en dialogue entre des photographies d’arbres réalisées aux quatre saisons, des vidéos de la forêt au printemps et des archives de vie quotidienne de soldats allemands et français, puisées dans le fonds de l’Abri-mémoire d'Uffoltz, centre de recherches dédié au HWK et plus largement à la citoyenneté et à la paix.

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