Plantae Novae
2025
Photographies
Techniques mixtes :
- Photographies 20 x 28 cm sur papier japon brodées au fil d'or. Format encadré 52 x 42 cm. Broderie : Sylvie Deschamps, Maître d'art, brodeuse au fil d'or.
- Photographies sur verre acrylique et gravures en relief de cartes de géographie anciennes dorées à la feuille de cuivre (Caraïbes 1 et 2, Amazonie). 104 x 74 cm.
Plantae Novae constitue avec Les Saintes (vidéo) un ensemble d'oeuvres s’inscrivant dans la continuité de mes travaux autour des relations entre les plantes et les hommes explorées à travers le prisme des migrations (cf:"L'herbe aux yeux bleus"). Dans ce nouveau corpus, je m’attache à la création de nos jardins et conservatoires botaniques contemporains, suggérant comment les expéditions scientifiques et expansions coloniales européennes ont été décisives dans la circulation des plantes, de leur destinée en lien avec les circulations humaines.
Fidèle à mon attention portée au matériau et aux savoir-faire, je présente un ensemble d'œuvres délicates et précieuses sublimées par le geste.
Sur mes photographies diaphanes de bégonia réalisées au Conservatoire du Bégonia de Rochefort - une plante commune et pourtant emblématique - les broderies au fil d’or réalisées par la Maître d’Art Sylvie Deschamps participent à une forme de débanalisation de la plante pour créer des œuvres originales et uniques.
Dans mes paysages, les jeux de regards s’invitent, partant à la découverte d’anciennes cartes d’expéditions scientifiques et de colonisation dorées à la feuille, en dialogue avec le végétal.
Ici, l’or magnifie autant qu’il instaure un dialogue avec l’Histoire.
Rochefort et les expéditions maritimes botaniques. L’aventure du Bégonia.
L’ histoire navale de Rochefort se conjugue avec celle des expéditions scientifiques, notamment botaniques. C’est par Rochefort que de nombreuses plantes sont arrivées des Amériques avant de conquérir l’Europe et le monde. Parmi ces plantes rapportées des Amériques, le Bégonia occupe une place singulière. La plante est découverte au XVIIè siècle aux Antilles par le père Charles Plumier, envoyé par Michel Bégon, intendant de la marine de Rochefort de 1668 à 1710. En 1689, Charles Plumier décrivait une petite plante aux feuilles grasses et aux fleurs rondes qu’il baptisa Bégonia (Begonia roseo flore, folio orbiculare) en l’honneur de son protecteur.
Créé à la fin des années 1970 à partir de la collection de l’horticulteur Vincent Millerioux constituée dans les années 1960, le Conservatoire du Bégonia abrite aujourd’hui la 1ère collection de bégonias en Europe. D’importance mondiale, elle compte aujourd'hui plus d’un millier d’espèces hybrides de la famille des bégoniacées contre seulement 200 variétés au retour des expéditions botaniques du Grand Siècle. Aujourd’hui, le Conservatoire abrite plus de 1200 espèces de Bégonias, poursuivant ainsi ce « voyage des plantes » en cultivant les hybridations. Des générations et des générations de bégonias à l’oeuvre, dont les lointains ancêtres - guadeloupéens, martiniquais, mexicains, brésiliens, mélanésiens, etc. - cachent derrière leurs feuilles colorées aux volutes froufroutantes de vertigineuses histoires humaines.
Hybridations végétales, hybridations des médiums.
En écho aux hybridations végétales répond ici l’hybridation des médiums. Les interventions de Sylvie Deschamps (atelier du Bégonia d'Or) au fil d’or ou d’argent sur les photographies aux tons diaphanes de feuilles de Bégonia de Sophie participent à une forme de débanalisation de la plante pour créer des oeuvres originales, uniques où l’or magnifie autant qu’il instaure un dialogue avec l’histoire souvent tragique de ces expéditions.
Le Bégonia d’or à Rochefort est l’un des rares ateliers en France à pratiquer la broderie au fil d’or. Ce précieux savoir-faire perpétue une tradition locale intimement liée à l’histoire militaire de la ville de Rochefort à partir de la fin du XVIIè siècle. C’est en effet à cette époque troublée par les conflits pour la possession des mers, que Louis XIV et son ministre des Finances et de la Marine Colbert décident de créer un arsenal de guerre, un “Versailles de la Mer” capable de construire rapidement une flotte qui rétablira sa puissance maritime face à l’ennemi anglais et favorisera le commerce avec les colonies du royaume. Créé en 1666, l'arsenal est implanté au milieu des marais, sur le cours sinueux de la Charente, un site choisi pour sa position stratégique entre la Manche et l’Espagne.
C’est aussi à partir de cette date que naissent les premiers ateliers de broderie au fil d’or où les brins de cannetille, un fil de métal enroulé en spirale serrée, sont utilisés pour orner les uniformes et les drapeaux destinés à l’armée, puis ceux des préfets, ambassadeurs et académiciens jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Déclinante dans les années qui suivent, la filière est reprise par Marie-Hélène César qui créé en 1993 un brevet des métiers d’art et de la broderie au lycée professionnel public de Rochefort et fonde avec le maire de cette époque Jean-Louis Frot, un atelier en centre-ville repris ensuite par l’une de ses élèves, Sylvie Deschamps.
(Extrait du dossier de presse de l'exposition à Rochefort à l'atelier du Bégonia d'Or, mai 2025.)
Expositions
- Galerie XII, exposition collective "Paysages traversés ", du 7 au 11 juillet 2026, Rencontres de la Photographie, Arles.
- Galerie Lee Bauwens, Bruxelles exposition collective "Peaux fragiles ", 31 mai au 5 juillet 2026.
- Salon Art-Paris. Avec la galerie XII. Avril 2026
- Galerie XII, exposition personnelle "Odyssée végétale ", 6 novembre 2025 - 17 janvier 2026
- Atelier du Bégonia d'Or, Rochefort, exposition Sophie Zénon / Sylvie Deschamps, mai-septembre 2025
Édition
- "Petit herbier merveilleux d'Outre-Mer", éditions Dumas-Salchli, 2026.
















