Transmissions

Sophie Zénon

in Actes du colloque des "Splendeurs des vocabulaires des métiers d'art" , éditions due la Société française de Terminologie, 2016.

 

Depuis le début des années 2000, je m’intéresse aux gestes et aux savoir-faire dans les métiers d’art. Intitulées TRANSMISSIONS, mes recherches m’ont menée successivement à la Corderie Vallois près de Rouen (Corps mécaniques. Impressions de la corderie Vallois, 2002) ; à la manufacture nationale de Sèvres/Cité de la Céramique (La Terre Transfigurée, 2005-2006) ; dans les ateliers textiles du Mobilier National (Manufactures des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie, 2007) ; à la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson (Les mains d’Aubusson, 2010-2011) ; et dans vingt-six ateliers de maisons (Lalique, Hermès, Baccarat, Laguiole, Puiforcat, Deslile, Daum - Le Dessein du Geste. Design et savoir-faire, 2012). 

Par ailleurs, je réalise depuis 2010 des reportages sur les lauréats du prix de la Fondation Bettencourt-Schueller « Pour l’intelligence de la main », qui récompense des artisans d’exception, des dialogues entre artisans d’art et designers, et des personnalités œuvrant pour la valorisation des métiers d’art. Actuellement, je travaille à une série sur les gestes des artisans des ateliers du bronzier d’art Delisle situés à Montreuil, qui fêtera en 2015 ses 120 ans.

Historienne et ethnologue de formation, mes recherches visuelles mettent en lumière les relations qui unissent le lieu, le matériau, l'outil et l'homme, en tissant des liens étroits entre ces quatre éléments, en concentrant mon regard sur le geste, sur les postures. J’attache une importance au lieu, à son histoire, au contexte, aux enjeux, mais aussi au cahier des charges qui m’est donné. Mon écriture privilégie lumière, graphisme, ligne de force et mouvement. Chaque nouvelle campagne est pour moi l’occasion de tester ma capacité à me renouveler, à changer l’angle de mon regard sur les métiers d’art, à poser de nouvelles problématiques en fonction de l’histoire des lieux. 

Dans la lignée des grandes campagnes photographiques nationales liées au patrimoine - on peut évoquer la mission héliographique de 1851, celle d'Albert Kahn des années 1910-1920 ou encore celles lancées dans les années 1900-1910 en province, liées au patrimoine architectural et aux paysages des régions -, je m'inscris dans une dynamique de collecte sensible, sans systématisme. L'approche photographique demeure plastique et tend à déceler l'intemporalité et l'humanité qui traversent le geste au service des matériaux.

Dans un monde où l’économie n’est plus au service de l’homme, mais l’homme au service de l’économie, les métiers d’art apparaissent comme l’un des derniers bastions où le temps ne semble pas avoir de prise. S’ils sont affaire de passionnés, les métiers d’art sont aussi soumis, comme les autres secteurs d’activité, à des difficultés pour s’adapter à un environnement économique et social en pleine mutation. Ce sont ces histoires humaines, ces parcours de vie, cette recherche de créativité qui me touchent et animent ma démarche artistique. 

Si le médium photographique est mon outil principal, j’ai utilisé pour certains projets divers matériaux, tels les archives ou les lexiques de termes de corporation. Je prendrai pour exemple mes deux premières séries, celle sur le Musée industriel de la corderie Vallois situé en Normandie, une recherche sur la mémoire d’un patrimoine industriel ; celle sur la manufacture nationale de Sèvres.

 

  1. CORPS MECANIQUES. IMPRESSIONS DE LA CORDERIE VALLOIS 2002-2004.

 

Une résidence de deux mois au Musée industriel de la Corderie Vallois à Notre-Dame-de-Bondeville (Haute-Normandie).

Un projet soutenu par le Conseil Général de Normandie et la DRAC Haute-Normandie.

Une exposition au Musée industriel de la Corderie Vallois de janvier à mars 2005.

Un livre : Corps mécaniques. Impressions de la Corderie Vallois ; photographies : Sophie Zénon ; textes : Didier Mouchel, Sophie Zénon.

Édition : Département de la Seine-Maritime/Éditions Point de Vues, Rouen, janvier 2005.

 

La découverte des ateliers et des magnifiques archives d’Indiennes d’une ancienne fabrique de cordes, la Corderie Vallois, située près de Rouen, ma région natale, est à l’origine de mon intérêt pour les savoir-faire et le geste. 

Anciennement moulin à papier, puis filature, la corderie Vallois a été créée en 1880. L'histoire de la corderie est étroitement liée à la vallée du Cailly, qui a façonné le paysage économique de la région. L’industrie cotonnière s’y est installée dès le XVIIIe siècle. Elle y bénéficiait de la présence de nombreux ports fluviaux et maritimes, dont celui de Rouen, véritables plateformes commerciales pour les professionnels du textile. Au XIXe siècle, la vallée connaît un essor économique prodigieux avec l'expansion de l'industrie cotonnière, d’où son surnom de « Petite Manchester ».

Jules Vallois, son créateur, souhaitait créer une ambiance familiale dans son usine. Sa vision du monde du travail s’inspirait des théories du catholicisme social. La plupart de ses ouvriers, recrutés dans la vallée du Cailly, disposaient de jardins et de potagers.

Le travail à la corderie nécessitait une certaine habileté et était majoritairement confié à des femmes. Jusqu’en 1948, les ouvrières travaillaient cinquante heures par semaine. Le travail était pénible, à cause du bruit des machines, de la poussière du coton, du froid en hiver et des fortes chaleurs en été. 

La perte des colonies françaises, notamment l'Algérie, va s'avérer fatale à l'industrie haut-normande. Elle ne peut plus concurrencer la production à bas prix des pays étrangers et l'ère du coton s'achève définitivement dans les années 1950. Les bâtiments qui accueillaient les filatures et les ateliers textiles sont reconvertis. Fermée en 1978, devenue aujourd’hui musée, elle détient un important patrimoine industriel du début du XXe siècle, témoignage des heures de gloire de l’industrie cotonnière rouennaise : machines anglaises et françaises de la fin du 19è siècle, caisses de matières premières, etc.

À la Corderie Vallois, la force que dégage ce lieu m’a orientée vers un travail de mémoire : rendre aux hommes et femmes leur lieu de travail. À la manière d’un ethnographe, je collecte les matériaux. Au final, le corpus retenu est large :

 

  • des photographies couleur prises au moyen format des machines en place ;

  • des échantillons de tissus peints à la main datant du XVIIIe siècle, échantillons servant à la fabrication des « indiennes », procédé technique venu des Indes et amené en Europe vers 1580, consistant à décorer les tissus par l’application de couleurs (toiles peintes). De nombreuses manufactures d’indiennes se créèrent autour de Rouen à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle. 

  • une photographie datant de 1913 du personnel de la Corderie ;

  • un album de photos de « famille » prises en 1879 provenant de l’ancienne manufacture d’Indiennes Girard de Déville-lès-Rouen (située à côté de Notre-Dame-de-Bondeville), sur lesquelles les ouvriers apparaissent regroupés par corporations : tondeuses/plieuses, dessinateurs/graveurs, comptoirs et magasins, apprêt, préparation des couleurs…

  • des cordes fabriquées in situ ;

  • divers tissus à trame plus ou moins serrée, supports d’impressions ;

  • une interview des deux dernières ouvrières de la Corderie ;

  • deux lexiques de termes de corderie, empruntés à des manuels du début du XXe siècle, encore utilisés aujourd’hui ;

  • des papiers administratifs dont un inventaire des outils de travail réalisé par Pierre Vallois en 1979. 

 

Dans un livre et une installation intitulés CORPS MÉCANIQUES, j’établis un dialogue entre différentes générations de photographies (prises de vues dans les ateliers, exploitation de documents d’archives) et entre différents usages de ces images. 

De l’exploitation, de la mise en scène des documents d’archives, de l’utilisation des matériaux fabriqués sur place, en passant par la réalisation de prises de vues couleur plus « documentaires », les matériaux sont mis en forme pour en extraire une narration.

Les photos de groupe des anciennes corporations, les détails des mains du personnel, des outils ou des visages se croisent avec les productions manuelles, les imprimés, les couleurs et les images actuelles de la Corderie. 

Les recadrages sur les mains donnent à voir gestes et attitudes, postures, évoquent le statut social du photographié mais aussi les liens de solidarité entre ouvriers. La solennité des portraits collectifs enregistrés au XIXe siècle par un photographe local se fond dans le grossissement des faciès et des gestes, se confronte à l’actuelle et magnifique inertie des machines, puis se dissout dans les superbes aplats colorés des indiennes. 

Des lexiques de termes de corderie, j’ai particulièrement mis en avant :

  • le nom des machines qui se confondent avec l’intitulé du poste occupé par l’ouvrière : assembleuse, câbleuse, câbleuse-valseuse, enrouleuse, fileuse, pelotonneuse, retordeuse, toroneuse. Ainsi parlera-t-on de toroneuse pour désigner autant la machine servant à faire des cordes que l’ouvrière manipulant cette machine. 

  • les noms attribués aux cordes et tresses qui évoquent l’univers maritime : Cordes à congres - Lignes à turbot - Câble d’étaples – Cordes à main – Cordes de dos – Cordes à horloge – Corde bête – Cordes à bâche – Collier d’écluse – Cassinage – Cordes à sommiers – Caret (Fil de) – Cordes à encre – Cordes d’étalage – Cordes à cou – Cordes à scie – Cordes à palans -  Haubans de chèvre - Crevette (Fil à) – Cordes à broches – Cordes molles - Câbles de chalut drome - Drisse de foc, etc.

 

L’étonnante modernité des motifs servant à la fabrication des Indiennes tout comme leur incroyable beauté, ainsi que l’utilisation des tissus ont servi de liens à l’ensemble. 

Le flou et l’agrandissement opèrent comme des médiateurs entre le passé et le présent des images et des lieux. Les photographies et les prélèvements d’images s’articulent entre documents d’entreprise, photos-souvenir, constat documentaire et poésie du patrimoine. 

 

« De son ensemble d’images produites, trouvées, cherchées, transformées, écrit Didier Mouchel (préface du livre Corps mécaniques), Sophie Zénon a construit pour nous son propre album, un formidable livre d’images où les mains sont des icônes du monde du travail, les visages des photos de la famille humaine et les machines des documents pour les poètes ».

La scénographie de l’exposition achève de mettre en tension la dimension documentaire et la dimension plastique de ce travail. Au centre, une « sculpture » composée de 21 caissons lumineux superposés, imbriqués les uns dans les autres et contenant des images couleur des machines, évoque l’univers du travail. À sa périphérie, un premier cercle d’impressions sur tissu de coton suspendues par des cordes de portraits d’hommes et de femmes de la Corderie, recrée à la fois le mouvement circulaire de l’ensemble des machines — de la roue à aube en passant par la toroneuse, les machines à tresser ou encore les bobinots de fil — et le mouvement de haut en bas de l’eau qui coule. Le regard fixe tourné vers nous, les portraits interrogent le spectateur auxquels répondent des triptyques sur les gestes et postures, eux aussi sur tissu tramé.

 

  1. LA TERRE TRANSFIGURÉE. 250 ANS DE PORCELAINE Á SÈVRES 

 

Une résidence de quatre mois au sein des ateliers de la Manufacture nationale de Sèvres.

Un travail financé par le Conseil Général des Hauts-de-Seine, la Mairie de Sèvres, le Centre International d'études pédagogiques (CIEP) et la Manufacture nationale de Sèvres.

Une exposition temporaire présentée au SEL à Sèvres de septembre à décembre 2006 puis de manière permanente au CIEP à Sèvres. 

Une exposition dans les jardins du Palais-Royal à Paris d’octobre 2009 à février 2010.

Un livre: La Terre transfigurée, catalogue d’exposition, éditions Paradox, 2006. LD NOMBRE DE PAGES ?

 

S’il pose avant tout la question de la mémoire d’un patrimoine industriel à partir du processus photographique lui-même, cet essai porte déjà en lui les prémices d’un regard sur le geste que je développe avec une série de photographies sur les ateliers de la manufacture nationale de Sèvres/Cité de la Céramique, découverts à l’occasion d’une commande du journal Libération en 2004. En 2005 et 2006, je suis accueillie en résidence à la Manufacture de Sèvres pour développer un projet mêlant prises de vues dans les ateliers et recherches dans le département des Archives. 

Fondée en 1740 à Vincennes, puis déplacée à Sèvres en 1756, la Manufacture Nationale de  Sèvres est un service à compétence nationale du Ministère de la culture et de la communication. Sa mission est de produire des objets d’art utilitaires et d’ornement par le biais de techniques rigoureusement manuelles, transmises encore de nos jours de génération en génération, depuis le XVIIIe siècle. Ces savoir-faire sont aujourd’hui encore uniques et se sont enrichis, tout au long de son histoire, des contributions successives des artistes invités. De tous temps, plasticiens et designers – depuis François Boucher en 1748, en passant par Jacques-Émile Rulhmann dans les années 1930 et plus récemment Louise Bourgeois, Pierre Alechinsky, Ettore Sottsass, Johan Creten…- sont venus créer à la Manufacture. Ce dialogue ininterrompu à Sèvres est source de renouvellement incessants, d’enrichissements et d’évolutions incontournables.

 

Ces savoir-faire spécifiques sont exercés dans 27 ateliers. Le personnel est composé de 150 personnes, 78 % de cet effectif étant consacré à la production. Le département de la production est divisé en deux services, celui de la fabrication et celui de la décoration. Il travaille en collaboration avec le département du laboratoire et de la recherche et le département des collections, qui conserve la quasi-totalité des archives, des modèles, et englobe des collections importantes de moules, plaques gravées, outils… 

Pendant ma résidence, je mène une campagne photographique avec une approche documentaire constituée de : 

  • prises de vue dans les vingt-sept ateliers : architecture, machines, outils… et acteurs : tourneurs, mouleurs, céramistes, sculpteurs, graveurs, etc.

  • des recherches dans les fonds anciens consistant en la collecte de documents iconographiques (photographies anciennes ; dessins, motifs ) et de registres, de livres anciens, de carnets secrets des procédés techniques ;

  • de lexiques de termes de fabrication, d'échantillons, de noms de couleur ... 

 

Le langage technique des ateliers de la Manufacture de Sèvres, transmis oralement avec le métier, est propre à chaque atelier. Il n’a jamais été ni supervisé, ni répertorié. En fait, depuis que la Manufacture existe, et contrairement à ce qui s’est passé pour la description des pièces en porcelaine, seulement quelques expressions du langage technique des ateliers ont été reportées par écrit.

Voici quelques-uns des termes techniques que j’ai retenus pour mes compositions par atelier :

Moulin

Amaigrir : Introduire dans une pâte ou bien une argile un amaigrissant.

Danser la pâte : Autrefois, travailler la pâte pour la rendre ferme.

Marcher la pâte : Malaxer la pâte à porcelaine plastique, à l’intérieur et à l’extérieur, sur la marcheuse en rotation. À la fin de l’opération, on dit que la pâte « est marchée ».

Sculpture

Gradiner : Utiliser la gradine (lime en acier, servant à retoucher les formes).

Moulage tournage plâtre  / reparage 

Cercer : Appliquer des serre-joints ou bandes en fer qui servent à maintenir les parties d’un moule.

Chiqueter : Strier ou hachurer une surface pour mieux la faire adhérer à une autre, notamment avant collage.

Reparer : Action de parer à nouveau. Technique de retouche A vert ???? LD ou modelage en cru humide du biscuit.

Petit et grand coulage

Brider : Fait qu’une pièce bride dans le moule quand elle se comprime lors de son premier retrait de séchage dans le moule. Cela peut provoquer des gerces, ou petites fentes, ou bien des fissures. Pour éviter les gerces, il faut démouler au bon moment ou bien retoucher au pinceau la surface lors du démoulage. Pour éviter les fissures, le resserrage ou tassement à l’aide d’un ébauchoir en buis est nécessaire lors du démoulage.

Défloculer : Procéder à la défloculation ; rajouter des substances chimiques appropriées ou défloculants, afin de fluidifier la barbotine ou bien le bain d’émail.

Grand atelier

Ajourer : Percer à jour, puis découper un motif réalisé par estampage à la housse ou bien impression à la mailloche.

Emmandriner : Adapter une pièce sur le support de travail appelé mandrin

Estamper : Reproduire en relief, par pression de la main ou bien d’un outil sur la pâte plastique, l’empreinte d’une forme ou bien d’un motif en creux dans un moule.

Tournasser : Tailler une surface séchée afin d’obtenir le profil définitif de celle-ci.

Émaillage

Dégarnir : 1. Dégager au défournement, une partie de l’encastage, ou ensemble des gazettes qui entourent les pièces notamment les cerces. 2. Désémailler le bord des tasses, les talons et les pieds.

Émailler : Appliquer un émail par trempage ou par insufflation.

Plomber : Provoquer la chute trop rapide de particules dans un fluide.

Fours 

Emmoufler : Enfourner les pièces dans le moufle.

Encaster : Enfourner par les techniques de mise en gazette des pièces à enfournées. Les gazettes, ou étuis réfractaires, sont empilées en colonnes juxtaposées qu’on appelle charge.

Polissage 

User les pieds : Technique de surfaçage ou régularisation utilisée pour polir ou rendre parfaitement lisse et réguliers les pieds dégarnis ou désémaillés, et qui ne seront pas réémaillés.

User les talons : Technique de surfaçage ou régularisation utilisée pour polir ou rendre parfaitement lisse ou polir les assiettes, soucoupes et plats dégarnis ou désémaillés, et qui ne seront pas réémaillés.

Laboratoire

Fritter : Opérer le frittage pour obtenir une fritte. (Fritte désigne une préparation composée de différents oxydes fondus sous forme de verre, cuisant à une température inférieure à celle de la composition dans laquelle elle sera introduite. La fritte entre dans la composition de certaines couvertes, ou sur-couvertes de grand feu (ex : le bleu de Sèvres) ou bien de la pâte tendre.      

     

Pose de fonds

Blaireauter : Poser des fonds avec la brosse en poils de blaireau. La technique d’application s’appelle blaireautage ou putoisage. Cette action sert à poudrer une surface avec des métaux précieux en poudre, à putoiser les fonds colorés, ou couleurs posées d’une façon unie et régulière.

Poser les fonds : Appliquer sur une pièce, en général émaillée par trempage et cuite à blanc, les fonds colorés, ou teintes unies.

Calque et impression gravure

Bitumer : Enduire avec du bitume de Judée les plaques en cuivre gravées afin d’éviter la rouille.

Décalquer : Reporter un décor ou bien un dessin.

Or

Brunir : Rendre brillant ou polir un métal précieux, en général l’or, par frottement à l’aide d’outils en pierre fine appelés brunissoirs (agate, hématite).

Filer : Orner les bords extérieurs et/ou intérieurs des pièces d’un filet à l’aide du pinceau à sifflet ou pinceau à filet.

Grésiller : On dit que l’or grésille lorsqu’il a tendance à se rétracter et à se décoller de son support.

 

Au travers de compositions alternant le noir et blanc et la couleur, de prises de vues des ateliers, d’esquisses inédites issues du fonds exceptionnel des Archives de la Manufacture, de termes techniques issus du vocabulaire de la corporation, le travail met en lumière l’audace et la vivacité d’une institution qui consacre aujourd’hui près de la moitié de sa production à la création contemporaine dans le but de préserver le double enjeu de la tradition et de la modernité. 

La scénographie de l’exposition présente pour chaque atelier un polyptique de plusieurs photographies noir et blanc de formats divers, d’une frise de termes techniques propres à chaque atelier et d’une notice technique de l’atelier. Des tentures imprimées sur coton reproduisant des détails d’esquisses de modèles et de noms de couleur extraits des carnets de Jean Hellot (chimiste français, 1685-1766) proposent des évocations poétiques autour de la couleur : ventre de biche, saphir du Palais royal, brun gris de souris, rouge tiré du vitriol bleu, rose Pompadour…

Cette exposition est toujours visible dans le grand escalier d’honneur du CIEP (Centre International d’Etudes pédagogiques, premier lieu de la Manufacture de 1756 à 1876 avant qu’elle ne déménage sur les bords de la Seine de Sèvres qui en a fait l’acquisition). 

Une série de photographies font également désormais partie de la collection permanente de Sèvres/Cité de la Céramique.

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